Tous en cuisine : Cyril Lignac révolutionne la façon de manger le bœuf bourguignon avec sa recette de gratin

Tous en cuisine : Cyril Lignac révolutionne la façon de manger le bœuf bourguignon avec sa recette de gratin

Au panthéon de la gastronomie française, le bœuf bourguignon trône en majesté. Plat de partage par excellence, symbole d’une cuisine généreuse et patiente, il évoque les tablées dominicales et le crépitement du feu dans la cheminée. Mais que se passe-t-il lorsque le chef préféré des Français, Cyril Lignac, décide de s’emparer de ce monument national ? Il ne le bouscule pas, il le sublime. Avec son audace coutumière et son amour du produit, il transforme le classique mijoté en un gratin de bœuf bourguignon absolument décadent.

Imaginez : une viande fondante, confite durant des heures dans un vin de Bourgogne capiteux, effilochée avec tendresse puis recouverte d’une purée de pommes de terre onctueuse et dorée au four. C’est plus qu’une recette, c’est une caresse pour le palais, une réinterprétation magistrale qui allie la tradition la plus réconfortante à la gourmandise la plus assumée. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le bourguignon. Aujourd’hui, nous vous invitons à le redécouvrir sous son jour le plus croustillant et le plus irrésistible, une recette qui va sans aucun doute devenir un nouveau classique dans votre cuisine.

45 minutes

210 minutes

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparation des ingrédients : le socle de la saveur

La réussite d’un grand plat commence toujours par une bonne organisation. Taillez votre viande de bœuf en cubes réguliers d’environ 4 à 5 centimètres. Ne les faites pas trop petits, car ils risqueraient de se défaire complètement à la cuisson. Épluchez et émincez finement les oignons. Dégermez et hachez les gousses d’ail. Épluchez les carottes et coupez-les en rondelles pas trop fines. Nettoyez les champignons et coupez-les en quatre. Dans un bol, délayez le fond de veau dans un peu d’eau chaude. Mettez tous vos ingrédients à portée de main. Cette mise en place, que les chefs appellent le ‘tour’, vous permettra de cuisiner sereinement et de ne rien oublier.

2. Le rissolage de la viande : l’étape cruciale pour des sucs caramélisés

Dans votre cocotte en fonte, faites chauffer un généreux filet d’huile d’olive. Lorsque l’huile est bien chaude, faites-y dorer les cubes de bœuf sur toutes leurs faces. Procédez en plusieurs fois pour ne pas surcharger la cocotte ; la viande doit saisir et non bouillir. Cette étape de coloration, le rissolage, est primordiale : elle permet de créer les sucs de cuisson qui donneront toute sa profondeur à la sauce. Une fois la viande bien colorée, réservez-la dans un plat. Dans la même cocotte, faites revenir les lardons, les oignons et les carottes pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’ils deviennent tendres et légèrement dorés. C’est ce qu’on appelle faire suer les légumes, c’est-à-dire leur faire rendre leur eau de végétation doucement, sans coloration forte.

3. Le grand bain de vin : le début du long mijotage

Remettez la viande dans la cocotte avec les légumes. Saupoudrez le tout avec la farine, c’est l’action de singer la viande. Cela signifie enrober les morceaux de viande de farine avant d’ajouter le liquide, ce qui permettra à la sauce de s’épaissir harmonieusement pendant la cuisson. Mélangez bien pendant une minute à feu moyen pour cuire légèrement la farine. Ensuite, versez le vin rouge pour déglacer, c’est-à-dire dissoudre les sucs de cuisson caramélisés au fond de la cocotte avec un liquide pour enrichir la sauce. Grattez bien le fond avec une cuillère en bois. Ajoutez le fond de veau délayé, le bouquet garni, l’ail haché, salez et poivrez. Portez à frémissement, puis baissez le feu au minimum, couvrez et laissez mijoter tout doucement pendant au moins 3 heures. La viande doit devenir incroyablement tendre et se défaire à la fourchette.

4. La touche finale du bourguignon et la purée parfaite

Environ 30 minutes avant la fin de la cuisson de la viande, faites sauter les champignons dans une poêle avec une noisette de beurre jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés. Ajoutez-les ensuite dans la cocotte pour les dernières minutes de mijotage. Pendant ce temps, préparez la purée. Épluchez les pommes de terre, coupez-les en morceaux et faites-les cuire dans un grand volume d’eau salée jusqu’à ce qu’elles soient très tendres. Égouttez-les bien, puis passez-les au presse-purée ou au moulin à légumes pour une texture fine et sans grumeaux. Incorporez ensuite le beurre, puis le lait et la crème préalablement tiédis, tout en fouettant énergiquement. Assaisonnez de sel, de poivre et d’une bonne pincée de noix de muscade fraîchement râpée. Votre purée doit être lisse, onctueuse et gourmande.

5. Le montage du gratin : l’assemblage final avant le triomphe

Préchauffez votre four à 200°C (thermostat 6-7). Une fois le bourguignon cuit, retirez le bouquet garni. À l’aide de deux fourchettes, effilochez grossièrement la viande directement dans sa sauce. Le but n’est pas d’en faire une bouillie, mais de conserver de la mâche et de la texture. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement de la sauce si nécessaire. Versez cette préparation de bœuf bourguignon effiloché dans un grand plat à gratin. Étalez la viande et sa sauce de manière uniforme pour créer une base généreuse et savoureuse. L’odeur qui s’en dégage est déjà une promesse de bonheur.

6. La cuisson au four : la touche dorée et croustillante

Recouvrez délicatement la couche de viande avec votre purée maison. Utilisez une spatule pour lisser la surface ou le dos d’une fourchette pour créer de jolis motifs qui doreront à la cuisson. Soyez généreux, la couche de purée doit être épaisse et réconfortante. Saupoudrez uniformément toute la surface du gratin avec le Comté ou le Gruyère râpé. Enfournez pour environ 20 à 25 minutes. Le gratin est prêt lorsque la purée est bien dorée et que de petites bulles de sauce apparaissent sur les bords. Laissez reposer 5 minutes avant de servir, le temps que les saveurs se mettent en place et que le plat soit à la température idéale pour être dégusté sans se brûler.

Camille L

Mon astuce de chef

Pour une viande encore plus tendre et parfumée, n’hésitez pas à la faire mariner. La veille, placez les morceaux de bœuf dans un grand plat avec les carottes, les oignons, l’ail, le bouquet garni et couvrez le tout avec le vin rouge. Laissez reposer une nuit au réfrigérateur. Le lendemain, égouttez la viande et les légumes (conservez la marinade qui servira pour la cuisson) et procédez comme indiqué dans la recette. Cette étape supplémentaire décuple les saveurs.

Quel vin pour accompagner ce gratin de bœuf bourguignon ?

L’élégance commande de rester en Bourgogne. L’accord parfait serait de servir le même vin que celui utilisé pour la cuisson, à condition qu’il soit de bonne qualité. Un vin rouge de Bourgogne puissant et structuré sera le compagnon idéal. Optez pour un Pommard, un Gevrey-Chambertin ou un Nuits-Saint-Georges. Leurs tanins soyeux, leurs arômes de fruits noirs et leurs notes de sous-bois répondront à la richesse de la viande et à l’onctuosité de la purée sans jamais les dominer, créant un équilibre parfait en bouche.

Le bœuf bourguignon, un monument revisité

Plat emblématique de la région de Bourgogne, le bœuf bourguignon est à l’origine un plat de paysans, cuisiné lors des jours de fête. Il permettait d’attendrir les morceaux de viande les moins nobles grâce à une cuisson très longue et lente dans le vin de la région. C’est Auguste Escoffier, au début du XXe siècle, qui le codifiera pour en faire un pilier de la haute cuisine française. La version gratinée de Cyril Lignac est un hommage moderne à cette tradition. En transformant ce plat en sauce en un gratin, il lui ajoute une dimension de confort et de gourmandise supplémentaire. C’est une sorte de hachis parmentier de luxe, où la purée dorée protège un trésor de viande confite. Une idée brillante qui respecte l’âme du plat tout en le rendant encore plus irrésistible et convivial.

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